Intempéries sur la Côte d’Azur : deux morts, des disparus, décrue en cours

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Les violentes intempéries sur la Côte d’Azur ont fait deux morts et quatre disparus, selon le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner venu dimanche dans les zones sinistrées où la décrue est en cours après deux jours de pluies diluviennes.

"Le bilan actuel porte sur deux personnes décédées (...), nous sommes aussi à la recherche de quatre personnes supplémentaires", a affirmé M. Castaner après avoir rencontré des victimes des inondations et des pompiers impliqués dans les opérations de secours au Muy, dans le Var.

Un premier corps, celui d'un homme, a été retrouvé dans ce village, près de la zone où une embarcation avait chaviré samedi soir avec trois pompiers et les trois civils qu'ils venaient de sauver. L'un des civils avait été porté disparu depuis.

Le second corps, celui d'un homme âgé d'une cinquantaine d'années, a lui été découvert "dans une voiture", sur la commune de Cabasse (Var).

Parmi les disparus toujours recherchés, figure un septuagénaire sorti de chez lui sous de fortes pluies dans la nuit de vendredi à samedi à Saint-Antonin-du-Var.

Les secours tentent aussi de retrouver un couple de personnes âgées qui n'a plus donné signe de vie depuis samedi 13H00 après avoir fait demi-tour en raison du blocage d'une route à Tanneron, une commune du Var voisine des Alpes-Maritimes, a indiqué à l'AFP la police municipale. Ce couple est originaire de Grasse.

Aucun détail n'a été donné sur la quatrième personne comptée parmi les disparus.

Victimes d'un "épisode méditerranéen", les départements des Alpes-Maritimes et du Var ont été touchés par des pluies diluviennes assorties de vagues impressionnantes sur le littoral entre vendredi et dimanche et de nombreux cours d'eau ont débordé. A certains endroits du Var il est tombé l'équivalent de deux à trois mois de pluie en 24 à 48 heures.

Toute la zone avait été placée en vigilance rouge par Météo France samedi et les sirènes avaient même retenti à Nice pour que les habitants restent chez eux.

- "Le risque est derrière nous" -

Dimanche, la circulation sur l'autoroute A8 a été rétablie et le trafic ferroviaire a également repris.

"Le risque est derrière nous", a estimé M. Castaner en soulignant que la décrue se poursuit.

Le centre de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, était dimanche inaccessible par la route, ont constaté des journalistes de l'AFP. Dans cette ville de quelque 13.000 habitants, la rivière Argens est montée à plus de sept mètres dans la nuit, un niveau de crue "qu'on ne retrouve que tous les 50 ans", selon le patron du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Var.

La "faute" au vent d'Est "qui soufflait hier, ça a fait bouchon et l'Argens pouvait pas rentrer dans la mer", a estimé un des habitants, Elio Cristofoli.

Au total, les pompiers du Var et des Alpes-Maritimes ont effectué quelque 2.000 interventions dont 171 hélitreuillages dans la nuit pour sauver des personnes menacées par les flots.

Ces sauvetages ont souvent concerné des personnes installées illégalement dans des zones inondables, a déploré Françoise Dumont, patronne du Sdis.

Certains élus locaux ont également dénoncé des "lenteurs administratives" et les "contraintes environnementales" qui ralentissent selon eux les travaux de prévention.

Or, certains des sinistrés, comme Christine au Muy, ont exprimé leur ras-le-bol face à des crues à répétition. Sa maison avait déjà été inondée en 2010.

Tout en louant les élus pour leur réactivité, le ministre de l'Intérieur a estimé que "la dimension environnementale" ne peut pas être opposée à l'anticipation des risques.

"Le Var et les Alpes-maritimes, par exemple, ce sont des départements qui en quelques années ont doublé les surfaces qui sont imperméabilisées, donc forcément ça a ensuite des conséquences", a-t-il souligné.

M. Castaner a annoncé la convocation "dans les meilleurs délais de la commission qui devra se prononcer sur l'état de catastrophe naturelle", procédure permettant de faciliter les indemnisations.

Cet épisode méditerranéen résulte de la conjonction de plusieurs facteurs mais n'a rien d'exceptionnel et ne peut être attribué au réchauffement climatique, selon Jean-Pierre Hameau, prévisionniste à Météo France.

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