Courrier des lecteurs de Stéphane Persee

A Madame la Ministre des Outre-mer,

photo : RB imaz press reunion

Puisque je vous ai interpellé sur la question des revenus et des prix à la consommation à la Réunion lors de votre arrivée à Gillot, je veux engager avec vous un travail de fond sur ces questions. En premier lieu, je crois qu’il est important de se rappeler que l’argent public qui va nous aider à sortir de cette crise est aussi la pression fiscale de plus en plus lourde que nous contestons. A ce titre, je crois que nous devons adopter une attitude capitaliste telle une entreprise : sur le volet économique chaque euro subventionné ne pourra être versé sur uniquement de la confiance mais sur de l’engagement.

Les chiffres de l’INSEE nous ont montré que le salaire médian à la Réunion est de 500€ de moins qu’en France métropolitaine.

Pour répondre à cette problématique, j’appelle le gouvernement à réfléchir à l’instauration d’un SMIC DOM. Cet effort de relever les revenus doit être mesurer et contrôler car l’augmentation des salaires serait aussi des charges supplémentaires pour les entreprises. De ce fait, nous risquons de nous retrouver dans une situation d’augmentation des prix alors que rappelons-nous la cherté de la vie en outremer est un problème identifié. C’est à ce titre que nous faisons appel à la solidarité de l’Etat via des mécanismes existants que sont l’exonération totale ou partielle des charges pour que tous nos travailleurs puissent retrouver un salaire net décent.

Sur le deuxième volet qu’est la cherté de la vie, je pense que demander aux distributeurs une ristourne est une mesure d’urgence mais pas une mesure structurante puisque depuis 2009 (COSPAR) cette solution a été adoptée sous différentes formes (bouclier qualité prix, panier Lurel, …) et cela n’empêche pas aujourd’hui une crise sociale sans précédent à la Réunion.

Pour que les prix baissent, je crois que la concurrence doit être totale. Notre insularité est malheureusement un vecteur qui limite cette concurrence puisque nous sommes sur un territoire étroit et enfermé sur lui-même. A cela s’ajoute un marché contrôlé par quelques grands groupes ayant des branches dans tous les secteurs d’activités et qui n’ont pas intérêt à baisser leurs prix pour rogner leurs marges et leurs profits.

Ne soyons pas dupes, à la seule lecture des prospectus publicitaires que nous recevons dans nos boîtes aux lettres, nous sommes en mesure de suspecter que des ententes illicites sont pratiquées à la Réunion.

C’est pour cela, que j’appelle la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, qui est un service d’Etat à renforcer sa surveillance et à être répressif lorsque l’intérêt commun est bafoué.

Pour cela, nous devons, chaque Réunionnais, être vigilant et dénoncer auprès de ce service les abus en tous genres.

En ce qui concerne une mesure structurante, nous devons développer la production locale et si aide de l’Etat il doit y avoir, elle doit s’orienter vers ces producteurs et manufacturiers locaux à la condition de pratiquer des prix sensés et justifiés. Cette production locale devrait nous permettre également de favoriser la création d’emploi. Madame la ministre, j’espère que cette contribution pourra être entendue et nous aider à retrouver un climat plus paisible.

Stéphane Persee

mots clés de l'article : Gillot , production locale , Courrier des lecteurs , actualité de la réunion , prix à la consommation , Annick Girardin , Entente illicite , création d’emplois

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