Photographe amateur passionné

Cédric Péneau et les merveilles des océans

Photos : Cédric Péneau

Ses photos de baleines sont émouvantes et sensationnelles. Cédric Péneau a une triple casquette : enseignant à temps plein, plongeur le week-end et photographe dès qu’il peut. Son objectif, il l’emmène avant tout dans les fonds marins, à la rencontre des coraux et des poissons, mais aussi des cétacés. La qualité de ses photos lui a valu plusieurs prix au Festival de l’image sous-marine. Cette année, il a d’ailleurs remporté le deuxième prix. Rencontre avec un homme fasciné par l’univers marin.

On le connaît aussi sur les réseaux sociaux sous le nom de "Penti", son surnom. Mais Cédric Péneau, photographe amateur et enseignant à Saint-Louis, assume aujourd’hui d’avoir une visibilité, y compris auprès de ses élèves. "En ce moment, je mets beaucoup plus mon vrai nom sous mes photos."

Au tout début, le passionné prenait des photos rapidement, "avec des appareils jetables". C’est en arrivant à La Réunion en 2006 qu’il se met "sérieusement" à la photographie. "Au départ, l’idée c’était de collecter des souvenirs comme tout le monde, pour garder une trace de ce que j’avais vu." De fil en aiguille, il essaie de diversifier ses images. Également plongeur, il se découvre vite une passion pour tout ce qui touche au monde marin.

"Ça m’arrive de photographier autre chose, comme le volcan par exemple… mais je ne vais pas vraiment m’appliquer, ça m’intéresse moins", avoue-t-il. "Sur terre c’est plus de la photo souvenir pour moi, alors qu’en mer il y a un vrai travail de recherche."

Et le résultat est saisissant. "Je suis un polyvalent de la mer, j’aime tout", nous confie le photographe. Baleines, coraux, petits poissons en macro… Le photographe s’intéresse "aussi bien à un nudibranche ou une petite crevette qu’aux gros mammifères marins". Dans son objectif, également des paysages sous-marins aux couleurs diverses et variées.

Une histoire de patience…

Tout dépend de l’objectif de la plongée. Entouré d’autres photographes sous-marins – comme Lena, Armel et Gaby que nous avions suivis lors d’un portrait familial de photographes – il sait qu’il pourra prendre son temps. "Dans ce cas, on va vraiment chercher à faire des photos. Dans une palanquée avec des non-photographes, ce sera davantage de la balade, on aura moins le temps de travailler les prises de vue."

En macro, par exemple, il peut rester sans problème un quart d’heure sur un petit nudibranche, "une bestiole pas facile à photographier en quelques secondes", nous dit Cédric Péneau. D’autant plus que la photo sous l’eau est un vrai défi, en terme de lumière et de couleurs.

Pour photographier le très petit notamment, moins de 5 mm, "là il faut beaucoup de patience". D’autres poissons, plus farouches, sont difficiles à photographier car ils se tiennent éloignés, comme les napoléons. "Et pour faire une très bonne photo, c’est simple il faut être très près", nous explique Cédric Péneau. "Robert Capa disait : ‘si ta photo n’est pas assez bonne, c’est que tu n’es pas assez près’. Il en parlait pour les photos terrestres, c’est encore plus le cas sous l’eau."

2ème prix au Festival de l’image sous-marine

Dernièrement, il a remporté un prix au Festival de l’image sous-marine, le 2ème sur seulement 3 récompenses. "C’est une vraie fierté parce qu’il y a beaucoup de bons photographes à La Réunion." C’est la 3ème fois qu’il remporte un prix lors de cet événement. Cette fois, il a été primé pour un portrait de murène prise de face (voir ci-dessus).

Pour varier les prises de vue et favoriser ses chances de faire de la bonne photo, il faut mettre toutes les chances de son côté… et surtout y mettre le prix. Cédric Péneau possède un Nikon D 7200, avec un objectif macro 85 mm, un autre objectif Tokina 10-17mm, le tout dans un caisson submersible, et enfin deux flashs Inon Z-330. "Tout ça coûte très cher, c’est le budget d’une petite voiture… peut-être 9.000 euros en tout." D’autant plus que le photographe a noyé au moins 5 fois son matériel…! "Je me suis fait une sacrée réputation..." nous dit-il. A chaque fois il faut donc réparer ou remplacer l’appareil. Une passion à risque, financièrement parlant !

Les géantes des mers dans l’objectif

Au milieu de ses photos, plusieurs clichés impressionnants de baleines... Mais pour bien photographier un cétacé, difficile de respecter la limite des 15 mètres en cas de mise à l’eau… "L’eau bloque la lumière et la couleur", nous explique Cédric Péneau. "Que ce soit en lumière naturelle ou en flash, dès qu’on est à plus de 5 mètres, c’est difficile de faire une belle photo."

Respectueux de l’animal, il attend donc de voir si le cétacé s’approche de lui. "Avec la charte, les baigneurs doivent rester à 15 mètres mais on peut espérer que les baleines s’approchent elles-mêmes. Ce sont à elles de t’accepter." Or il arrive très souvent que les baleines soient curieuses, notamment leurs petits. "Il ne faut surtout pas faire les choses en force de toute façon", nous dit le photographe.

Des rencontres sous-marines inoubliables

Apercevoir les baleines n’est pas chose facile, les photographier l’est encore moins. "Souvent les gens croient que c’est simple, parce qu’on ne montre que ce qui est réussi. Mais c’est beaucoup de tentatives pour finalement peu de photos." L’année dernière, Cédric Péneau a réalisé une trentaine de sorties baleines de 5 heures chacune, pour seulement une centaine de photos. "Ça arrive assez souvent qu’on revienne bredouille."

Les photos qu’il prend, il les envoie ensuite à Globice (Groupe local d'observation et d'identification des cétacés) pour identifier les baleines. Si celles-ci ne sont pas répertoriées, on peut baptiser la baleine observée en choisissant son nom. En fonction des cétacés, les caractéristiques sont différentes : "Certaines sont toutes grises, d’autres ont beaucoup de taches blanches… Sinon il faut bien regarder la caudale ou les crustacés accrochés à leur peau pour les reconnaître", nous explique Cédric Péneau.

Certains moments privilégiés sont magiques et inoubliables. "Quand la baleine nous fait confiance, c’est formidable. Une fois, une femelle a laissé son petit faire des allers retours pour venir à notre rencontre. Il était clairement en train de jouer. Ce type de scènes est vraiment exceptionnel, parce qu’on peut rester longtemps avec le baleineau." Pour l’instant, les baleines se font discrètes et le photographe n'a pas encore eu l'occasion de passer beaucoup de temps dans l'eau. Mais il se tient prêt et son appareil - s'il ne le noie pas cette fois - l'est tout autant !

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