Problèmes de financements sur le chantier de la NRL

Faute de nouvelles commandes de roches, les transporteurs préparent une action forte

Photos : RB Imaz Press Réunion

Ce mercredi 4 décembre 2019, les transporteurs rencontrent une nouvelle fois le groupement SBTPT-Vinci-GTOI au Port. Les revendications des syndicats portent sur le stock de roches nécessaires à la construction de la partie digue et donc la fin du chantier de la Nouvelle Route du Littoral. Un accord avait été établi après de longues heures de discussion à la préfecture le 18 octobre dernier, afin de garantir aux transporteurs que la route serait construite avec des roches locales. La Région, avec le soutien de la SAFER, a recensé 2,6 millions de tonnes d’andains dans les champs de La Réunion. Or les commandes promises ne viennent pas et les transporteurs s’impatientent. Ils menacent de se mobiliser à nouveau, faute de réponses concluantes. Après le groupement, les syndicats réclament un rendez-vous en urgence à la Région. (Photos rb/www.ipreunion.com)

Une fois de plus, les transporteurs sont inquiets. Ils rencontrent le groupement pour parler andains ce mercredi. "On a eu une commande 50.000 tonnes pendant que le président passait, il devait y avoir d'autres commandes mais ça n'a pas été fait" explique Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR.

Il regrette de voir que l'accord établi en préfecture le 18 octobre dernier n'est pas respecté. "Un protocole andains a été signé, mais l'engagement n'a pas été respecté." Même avis du côté de Didier Hoareau, président de l'OTI et membre de la plateforme syndicale des transporteurs. "Tout le monde a joué au beau devant le président de la République, on a signé un protocole qui nous donnait du boulot jusqu'à la fin de l'année mais on s'est fait berner."

Cette réunion avec l'intersyndicale devrait permettre de faire une mise au point avant de discuter avant la Région. "On doit savoir les positions des uns et des autres. On est dans le flou, on ne sait pas où on va" continue Didier Hoareau. Selon lui, l'attractivité a baissé de 90%.

Quant à Johnny Lagarrigues, secrétaire général CFDT BTP, il assure que l'impact économique est énorme, surtout en terme d'emplois : "on a perdu près de 300 salariés déjà".

Un problème de financements

Le blocage ne vient plus tellement du manque de roches massives, mais du financement selon les syndicats de transporteurs. " La Région a fait le nécessaire auprès de la SAFER et a recensé 2,6 millions de tonnes de roches dans les champs. Il n'y a plus de problème de roches, c'est un problème d'argent maintenant, entre eux (groupement et Région, ndlr)" explique Jean-Gaël Rivière.

"On a fait une demande de rendez-vous urgente auprès du président de Région. Il y a un problème entre eux et le groupement SBTPC-Vinci-GTOI : le groupement dit qu'il manque de l'argent et la Région dit avoir déjà trop payé" poursuit le président de la FNTR. Tensions qui doivent être réglées au plus vite selon les transporteurs, maintenant que les roches ont été recensées.

"La Région dit qu'il faut réfléchir à un prix juste, c'est à eux de réfléchir là-dessus avec le groupement. Les andains sont là et recensés" ajoute pour sa part Johnny Lagarrigues.

Une lettre au président de Région

Dans un courrier qu'Imaz Press Réunion s'est procuré, les syndicats de tra nsporteurs s'unissent pour réclamer à Didier Robert, président du Conseil régional, une "réunion urgente suite à la fin du protocole stock". L'occasion de rappeler les quatre engagements pris lors de la table ronde du 18 octobre :

Les transporteurs rappellent alors le contrat passé entre les différents acteurs : " mettre en place une commande de prestation de transport d'andains dans la limite de 25 000 m3 et/ou polir d'une durée de quatre semaines à compter de la semaine 44, en vue de la constitution d'un stock sur la zone d'installations du chantier de la ZAP".

Les syndicats maintiennent que "les engagements et les consignes (…) sont arrivés à échéance. Les transporteurs se retrouvent à nouveau lésés et en fâcheuse posture. En effet, de cette fin de protocole stock, il en résulte une diminution brutale et une fréquence discontinue des commandes de prestations de transport sur le chantier de la Nouvelle Route du Littoral".

Les membres de la plateforme syndicale demandent alors un point "sur la situation actuelle et sur les négociations entreprises depuis la signature du protocole stock entre la Région Réunion et le Groupement d'entreprise", l'établissement de "l'ensemble des perspectives d'avenir concernant le bon achèvement de ce chantier" et aboutir à "un consensus de prolongation" de ce protocole.

La menace d'une nouvelle mobilisation forte

Si les réunions ne sont pas concluantes, les transporteurs ne comptent pas se laisser faire. "Il y aura une forte mobilisation des transporteurs, ça c'est clair", déclare Didier Hoareau. Il est rejoint par ses acolytes, Jean-Gaël Rivière estime que faute de réponses claires, "on sera obligés de monter au créneau".

La dernière réunion du 18 octobre "nous reste en travers" ajoute Johnny Lagarrigues. "On nous a parlé de résiliation et de relancer l'offre. Mais on ne peut pas partir dans une situation pareille, ça va encore prendre une éternité. Sinon on passera à l'action."

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