La manifestation s’est déroulée dans le calme

Gilets jaunes : "Nous sommes toujours là, et ce qui compte, c’est d’être visible"

photo RB pour imazpress

Une nouvelle journée de mobilisation s’est déroulée ce samedi 27 avril 2019 à Saint-Denis pour les Gilets jaunes. Le cortège, composé d’environ 200 personnes, est parti à 9 heures du Jardin d’Etat avant de se diriger dans le centre-ville. Elle s’est finalement achevée devant la préfecture, sans aucun débordement. (Photo : RB/Imaz Press Réunion)

Alors que le cortège devait initiallement se diriger vers la rue de Paris, les Gilets jaunes ont décidé de dévier de leur itinéraire pour se rendre dans le centre-ville de Saint-Denis. Environ 200 personnes étaient présentes sur place et des pancartes où l'on pouvait lire "Citoyens combat' ensemble" ou encore "On veut le RIC" étaient visibles.

Le cortège s'est ensuit dirigé vers la préfecture, où la manifestation s'est prolongée, avant de se disperser dans le calme. La présence policière était élevée, et aucun débordement n'est à signaler.

"100 ou 500 manifestants, l'important est de rester visible"

"On espère qu’il aura au moins 500 personnes, comme lors de la première mobilisation sur Saint-Denis le 4 février dernier. Beaucoup de gens sont dans l’attente, regardaient de loin ce qu’il se passait. 500 c’est bien et si on est plus: tant mieux!," s’exclamait Vincent, gilet jaune de la première heure et l’un des organisateurs, ce vendredi 26 avril.

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Une nouvelle fois, des associations comme Attac Réunion, et des syndicats (FSU, FO...) marcheront avec les Gilets jaunes. De quoi faire grossir les rangs des manifestants.

Mais finalement, 100, 200 ou 500, pour Vincent, l’importance est de rester visible. "C’est un mouvement qui est appelé à durer dans le temps, nous sommes aux prémices d’une révolte citoyenne avec une volonté d’une démocratie plus forte," expliquait-il.

Des annonces et des revendications balayées

Le choix de la date n’est pas anodin. Pour Vincent, nous sommes un mois après la fin du Grand Débat national, le temps de faire le bilan et " nous sommes aussi trois semaines après la dernière manifestation, le 2 mars, nous voulions nous laisser le temps de tracter, de préparer des banderoles. Mais surtout: cette date tombe juste après les annonces d’Emmanuel Macron," explique le Gilet jaune. Annonces qui n’ont fait que renforcer les motivations au sein du mouvement…

"Après l’allocution de notre cher président, j’espère que les gens répondront présent. C’est dur, il n’annonce encore rien de concret. Il parle des élus, mais les citoyens?," s’indigne Sergine, elle aussi Gilet jaune. Les revendications des gilets jaunes ont été pour les deux manifestants "balayées" par le chef de l’Etat. "Le vote blanc, pour Emmanuel Macron c’est hors de question: autant choisir entre le pire et le moins pire pour lui! Ce n’est pas acceptable. Il a peur de faire inclure toutes les personnes qui demandent le vote blanc, car il sait que demain elles peuvent faire basculer tous les politiques qui sont en place," résume Vincent.

Quant au fameux RIC, le référendum d’initiative partagée, la première des revendications des gilets jaunes, celle qui fait le plus consensus dans le mouvement… Le président préfère le limiter à un niveau local. Peu convainquant pour les militants. Peu convainquant aussi la simplification des règles du référendum d'initiative partagée (RIP), en abaissant notamment le seuil de signatures à 1 million, au lieu de 4 millions aujourd'hui. "Nous réclamions 700.000. Un million nous paraît raisonnable, mais Emmanuel Macron a maintenu que l’Assemblée nationale pourrait avoir son mot à dire, or, il a une très large majorité… Ils décortiqueront le texte proposé par les citoyens, le videront de sa substance et ils feront passer cela pour une révolution. Si un référendum n’est pas contraignant, alors il ne sert à rien," précise Vincent.

Toujours vigilants, toujours visibles

Pourtant, le mouvement social à La Réunion se fait de plus en plus discret ces dernières semaines… Si en métropole les grandes villes font parler d’elles chaque samedi, les gilets jaunes réunionnais semblent être retournés dans la boîte à gants. En février, des manifestants de l’ouest avaient tenté d’insuffler un vent nouveau. Une trentaine de salariés, retraités, ingénieurs, intermittents… s’étaient retrouvés pour organiser une marche à Saint-Denis avec des syndicats et des associations. Bingo! Le 4 février, entre 200 et 500 personnes descendent la rue de Paris jusqu’à la Préfecture. Dans la joie et la bonne humeur, entre musiques pop et cris de "Macron démission." La manifestation n’est pas tout à fait le bain de foule désiré, mais après trois mois de silence, c’est déjà une petite victoire.

Confiants, les gilets jaunes organisent d’affiler un deuxième, troisième et quatrième acte dans le sud, l’est et l’ouest. Petit à petit, les rues se vident. "Pour la mobilisation de Saint-André j’ai été très déçue…," souffle simplement Sergine. A la venue de la ministre des Outre-mer Annick Girardin le 17 mars, les Gilets jaunes sont absents, silencieux… Pas de comité d’accueil, pas de blocages, pas de manifestation…

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"Pour moi, personne n’a laissé tomber. Ils attendent toujours, car finalement nous en somme au même point. Il y a peu d’évolution depuis l’arrêt des blocages en décembre dernier," estime Sergine. Kévin, un gilet jaune de Saint-André est également de cet avis: "nous sommes toujours là, nous n’avons pas été écoutés, pas entendus. Les problèmes sont là, les solutions non!"

"Le mouvement n’est pas mort"

Vincent reste optimiste, il espère que le mouvement reprendra du poil de la bête ce samedi 27 avril. "Même si nous savons que nous n’arriverons pas à organiser une manifestation monstre, l’idée est de rester visible. De toujours garder un pied dans l’espace médiatique. Visible aussi pour dire aux élus que nous sommes vigilants et qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi," indique-t-il.

Pour Kévin, "le mouvement n’est pas mort, il cherche juste à exister autrement. Nous travaillons différemment, nous essayons d’aller vers des choses plus constructives." Après la mobilisation de ce samedi, le prochain rendez-vous est donné au 1er mai… "Elle sera à Saint-Denis ou au Port si nous rejoignons les syndicats du Port," signale Vincent.

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