Selon une étude de chercheurs de La Réunion et d’experts internationaux (actualisé)

La probabilité d’attaques de requins multipliée par 23 entre 2005 et 2016

photo imaz press reunion

Ce mardi 27 février 2018, une étude scientifique a été publiée sur "les facteurs environnementaux et anthropiques affectant les interactions entre les requins et les humains". Ladite étude, réalisée par des chercheurs de l’Université de La Réunion, en collaboration avec des experts internationaux d’Afrique du Sud et de Floride, s’appuie sur des données s’étalant de 1980 à 2016. Cette analyse conclut notamment que la probabilité d’attaques a été multipliée par 23 entre 2005 et 2016. Et ce, alors que la fréquentation du littoral par les surfeurs a été divisée par 10 entre 2011 et 2016.

"Le taux annuel d’incidence des morsures de requins à La Réunion (Océan Indien) est parmi les plus élevés au monde (jusqu’à 1 événement par 24 000 heures de surf) et a été multiplié par 23 sur la période 2005-2016" indique l’article publié dans la revue scientifique "Scientific report". Publiée ce 27 février, elle a été réalisée par des chercheurs de l’Université de La Réunion, en collaboration avec des experts internationaux d’Afrique du Sud et de Floride.

L’analyse indique par ailleurs que "86 % des morsures de requins sur des surfeurs" se sont produites sur la côte sous le vent. En précisant cependant qu’au cours "des trois dernières décennies, le nombre de morsures de requins non provoquées sur les humains a augmenté dans le monde entier". Une tendance à la hausse qui serait "pour partie reliée à l’augmentaton des activités récréatives, en particulier au surf". "La modélisation statistique des évènements de morsure de requin à La Réunion montre que la probabilité d’attaque est au plus haut lors du refroidissement de l’hiver austral, au cours de l’après-midi et a notablement augmenté sur le substrat corallien depuis le milieu des années 2000" en conclue le CRA (Centre de ressources et d’appui sur le risque requin).

Un augmentation "rapide"

"L’augmentation du mSBIR (taux annuel d’incidence des morsures de requins - NDLR) semble si rapide qu’elle a dépassé le taux d’adaptation des usagers de l’océan alors confrontés à un risque sans précédent de morsure de
requin, avec un pic de 5 morsures de requins en 2011" indique aussi l’étude. Cette augmentation a eu lieu sur la période entre 2005 et 2016. À noter que la fréquentation du littoral par les surfeurs a été divisée par 10 entre 2011 et 2016. Cela montre donc que le risque a fortement augmenté malgré une baisse de la fréquentation : "Cette validation scientifique permet d’identifier une tendance et une analyse différente de celle qui peut avoir lieu dans le monde selon laquelle il y a plus d’attaques parce qu’il y a plus de personnes dans l’eau" estime le CRA.

Un risque corrélé à "une plus forte occurence de requins-bouledogues durant l’hiver austral"

"Les morsures de requins ont eu lieu toute l’année à La Réunion, à l’exception de novembre et de décembre, mais elles ont été plus fréquentes en hiver (de mars à août). Ce profil saisonnier est cohérent avec les résultats d’une étude récente sur les déplacements des requins-
bouledogues dans les eaux côtières sous le vent de La Réunion. Ensemble, ces résultats suggèrent qu’un risque élevé de morsure de requin est corrélé à une plus forte occurrence de requins-bouledogues durant l’hiver austral dans cette zone." Par ailleurs, une grande partie des morsures (48 %) s’est produite sur des récifs coralliens.

Hausse de l’abondance des grands requins côtiers

L’étude souligne que d’autres facteurs liés à l’augmentation du risque incluent une hausse de l’abondance des grands requins côtiers. Les raisons peuvent être diverses : changements biophysiques des habitats marins et côtiers, qualité de l’eau, réparation et abondance des proies. Des changements d’écosystème le long de la côte ouest de La Réunion pourraient ainsi avoir créé "des conditions d’habitat plus favorables" pour les requins-bouledogues. "Les ports, canaux et émissaires construits sur la côte sous le vent au cours des 40 dernières années à La Réunion offrent des habitats potentiels pour les requins-bouledogues, y compris les juvéniles" rappelle encore l’article scientifique.

www.ipreunion.com (mis en ligne jeudi 1er mars 2018 à 3h - actualisé)

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