Tribune libre au ministère des Solidarités et de la Santé

Lettre ouverte à Madame la Ministre

AFP/Archives - PASCAL PAVANI

Madame la ministre, j’écris cette lettre pour parler de l’état du service des Urgences du CHU de Saint-Pierre. J’écris cette lettre pour montrer ma colère.

La scène se passe à Saint-Pierre de la Réunion, au CHU, au service des Urgences. La patiente fait un malaise le Samedi 9 Mars à 11h45 dans le parc boisé du Gol à Saint-Louis. Les pompiers vite informés, illico-presto accourent, donnent les premiers soins, échangent avec le médecin du SAMU au téléphone, décident alors d’acheminer la patiente au service des Urgences du CHU de Saint-Pierre.

Quelques instants plus tard, nous y voilà donc, il est 12h30. Jusque-là rien à redire ; excepté, une citerne de compliments à nos soldats du feu, rapides, efficaces, professionnels. Ce qui est loin d’être le cas du service des urgences du CHU. Professionnel, sans aucun doute ; efficace peut-être, rapide, j’attends de voir.

Arrivés au CHU, à 12h30 donc, la patiente est administrativement prise en charge à 12h42 puis dirigée vers la salle d’attente. Là commence son calvaire. Dans une salle archi-comble et plutôt ‘’diversifiée’’, on l’installe dans les crachats de deux femmes, une à moitié nue et visiblement éméchées, vociférant.

A l’extrémité de la salle, soudain une bagarre éclate. Voilà, sans entrer dans le détail, l’accueil ! Affaiblie, là elle attend. Elle attend inlassablement la visite d’un médecin. Ce dernier apparait enfin à 18h45, fait procéder à des analyses et décide par conséquent d’une cardiographie. Il est alors 19h00 quand elle approche le cardiologue.

Je vous laisse là, apprécier les termes de la discussion : A quelle heure madame avez-vous fait votre malaise ? A 11h30 docteur. Et c’est seulement maintenant que vous venez ici ? Je suis là depuis 12h30 docteur. Ah bon répond-il. Que veut alors dire le ‘’Ah bon ‘’ ? Bref ! Là-dessus, plutôt rassurant le spécialiste du cœur lui promet des résultats imminents, dans 1h30 environ, ce devrait être la fin, dit-il. A 21h00, à une infirmière qui court dans tous les sens, j’ose une question, elle me répond sans même m’écouter : Je n’ai pas le temps monsieur, à tout à l’heure, je ne l’ai plus jamais revu depuis.

A 23h15, toujours sans réponse je me confie à une autre : Pardonnez-moi madame, depuis midi je cherche en vain le service des Urgences, pourriez-vous m’y diriger ? Elle me réplique : Mais vous y êtes monsieur. Comme le spécialiste, j’ai lâché un : Ah bon !

Lors de notre longue attente de 11h00, à force d’insistance, j’ai pu quand même m’entretenir, derrière une porte entrebâillée avec 2 infirmières ; Peu de temps ! Voilà ce que j’ai retenu : ‘’Ici au service des urgences, nous répondons tant bien que mal aux soins des plus urgents, mais nous manquons cruellement de personnel pour répondre dignement aux besoins fondamentaux des patients et garantir leur surveillance. Encore plus difficilement le week-end, ou là Il y a souvent un surplus d’activité."

Avec un personnel constamment débordé, la sécurité optimale des patients n’est plus assurée et le risque de passer devant un accident grave est réel. La dégradation du service public est telle qu’on peut difficilement assurer la continuité des soins. Suivi d’un : Promettez-nous de le faire savoir à notre direction S.V.P.

Chose promise, chose due madame la ministre. Telle est l’état du service des Urgences du CHU de Saint-Pierre, madame la ministre. Certains disent : Un état violent !

Dans la salle d’attente, Veuillez agréer Madame la ministre, l’assurance de mon profond respect.

Jean-Hugues SUZANNE

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