Vanessa B. s’explique

Requin déposé avant l’hommage aux victimes : "je ne regrette absolument pas"

Photos : RB Imaz Press Réunion

Ce dimanche 25 février, son action a provoqué un tollé. Alors que les familles des victimes de la crise requin se réunissaient pour un recueillement collectif, Vanessa B. a déposé en amont un requin pêché le matin même près de la stèle en hommage aux morts. Malgré les nombreuses réactions indignées, celle qui assume avoir "agit en son nom propre" ne regrette rien.

"Je ne regrette absolument pas". Au lendemain des faits (l’interview a été réalisée lundi), Vanessa B. a décidé de s’expliquer. "Cette action a été mûrement réfléchie depuis deux ans pour tout vous dire" lâche celle qui s’est attirée les foudres des internautes après avoir amené un requin sur la plage de Boucan Canot. Et ce, quelques minutes avant l’hommage rendu par les familles des victimes des 7 ans de la crise requin.

Pour elle, "les commentaires ne sont rien de nouveau" puisque "l’opinion publique" lui serait réticente. Elle affirme savoir "que ça allait déranger, en particulier certaines familles" mais tient à préciser que "personne ne m’a (sic) sauté dessus ou a été scandalisé quand je suis arrivé avec le requin sur la plage".

Parmi les nombreux commentaires qui ressortent après la scène, la question du timing revient souvent. Était-ce le moment opportun pour mener une telle action ? "En même temps, ce n’est jamais le bon moment" clame Vanessa B. "Quand est-ce qu’on se rassemble pour parler de la crise requin ? Les occasions se font rares" pense-t-elle.

- "S’il faut le refaire, je le referai" -

Après la cohue de dimanche, Vanessa B. indique avoir "reçue de nombreux messages de félicitations" notamment sur les réseaux sociaux avec un ton qui se répète : "merci, ça change enfin ! C’est souvent ça qu’on m’a dit" explique-t-elle. L’habitante de Saint-Gilles garanti par ailleurs que certaines familles de victimes venues pour le recueillement l’auraient remerciée pour son action.

Ancienne membre des collectifs "Protégez nos enfants" et "Stop Massacre 974", elle se dit "aujourd’hui libre et responsable" de ses "actes". "J’ai agi en mon nom propre et personnel, en tant que maman, amoureuse de l’océan, Réunionnaise depuis 15 ans. Le papa de ma fille est créole et pêcheur sur Saint-Gilles (…) J’ai encore le droit de faire ce que je veux" somme-t-elle. Elle souligne que "personne n’était au courant" de "cette action coup de poing".

Alors que Jean-François Nativel, porte-parole de l’association Océan Prévention Réunion qualifie les faits de "lamentables" et pense que "cela a fait reculer les choses", Vanessa B. "ne pense pas avoir desservi la cause". "Au contraire, je crois que cela peut toucher qu’il y ait de l’action plutôt que du recueillement pour une fois" estime-t-elle. "Cet hommage était en réalité déguisé pour dire qu’on en a marre" selon elle. "Mon but était que ça dérange, et je pense que ça a dérangé les élus. Si ça bascule, ça peut atteindre le préfet, le gouvernement et même pourquoi pas le président".

- "Cette action, c’était pour dire aux victimes : ’oui, on vous a vengé’ ! " -

Pour Vanessa Benhamou, le but "n’était pas de peiner les familles" et assure "avoir fait ça pour les victimes" : "que je ramène un requin, ça ne ramènera pas leurs enfants". "Je suis une guerrière dans l’âme : pour moi, c’est œil pour œil, dent pour dent" argue-t-elle. "Cette action, c’était pour dire aux victimes : ’oui, on vous a vengé’, ’on vous fait une offrande !’". La maman de deux enfants se défend "de vouloir tuer tous les requins" en proclamant "être écologiste" et demande "simplement un retour à la pêche traditionnelle et qu’on donne les deux millions aux pêcheurs". Selon elle, "il faudrait 2, 3 voire 4 ans pour réguler" la population de requin autour de nos côtes.

Elle revient aussi sur le déroulement des faits et "précise que le requin devait être amené à la fin de l’hommage" mais "des complications avec la gendarmerie au port de Saint-Gilles" ne lui auraient "pas laissé le choix". Elle explique enfin que "le déclencheur" de l’action menée dimanche "a été la rencontre avec la ministre des Outre-Mer Annick Girardin" en octobre dernier. "J’étais avec le collectif des femmes en rose et elle nous a promis que des choses seraient faites avant le 31 décembre 2017. Le préfet m’a aussi promis que les choses bougeraient avant la fin d’année" raconte-t-elle. Vanessa Benhamou dit "avoir prévenu que si rien n’était mis en place, une action coup de poing serait menée". C’est désormais chose faite.

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