SOS femmes de pêcheurs en détresse

photo imaz press

Ce samedi 14 avril 2018, un collectif de femmes de pêcheurs a lancé un appel à l’aide. Elles déplorent une "dégradation" des conditions de vie de leurs maris. Les prix des appâts et des poissons ont notamment été mis en exergue.

"Nous ne pouvons plus nous en sortir. Cela a un impact direct sur notre vie de famille. Nous ne pouvons plus faire face aux difficultés financières" déplore Juliette Le Cossec. Elles étaient plusieurs femmes de petits pêcheurs à se rassembler ce samedi au Port. Leur objectif : tirer la sonnette d’alarme sur la dégradation de leurs conditions de vie.




 

Ces dernières seraient aujourd’hui devenues "insupportables". Faute d’abord au prix des appâts, qui "n’a cessé d’augmenter ces dernières années". La prochaine augmentation, prévue en fin d’année, devrait faire passer le kilo de 3,20 à 4,20 euros. D’autant plus que ce tarif ne serait pas le même pour tous : "les pêcheurs qui acceptent de revendre leurs poissons aux usiniers ont la possibilité d’acheter leurs appâts à des prix bien plus avantageux" affirment les membres du collectif. 

Deuxième gros problème : on ne pêche plus autant de poisson qu’auparavant. Selon un calcul du collectif, "pour un espadon vendu aux alentours de 23 euros en poissonnerie, le pêcheur artisan ne va toucher qu’entre 6 et 8 euros". La recherche de qualité serait également moindre.

Des écueils financiers qui influencent fortement les conditions de vie des familles de pêcheurs. Difficile aujourd’hui de régler ses dettes, une fois les charges sociales, appâts et traites du bateau réglées. "Déjà, il y a quelques années, une famille de pêcheurs réunionnais arrivait tant bien que mal à s’en sortir..." soupirent les femmes du collectif. Leurs revendications : une structuration de la filière "de manière équitable". Notamment avec l’accélération de la mise en place de l’OPPAR (organisation des producteurs, pêcheur et aquaculture) ainsi que la demande d’une aide exceptionnelle avec la Région Réunion. Les femmes de pêcheurs demandent d’ailleurs "plus de transparence" sur lesdites aides financières.




 

Le collectif espère ainsi stopper l’hémorragie subie par la filière. En moins de 10 ans, les petits pêcheurs réunionnais sont passés de 500 à 160. Une baisse drastique que ne supportent plus les femmes de pêcheurs : "nous nous battrons pour l’avenir de nos familles".

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