Milit’ Activ’ 974 (actualisé)

Une grève de la faim pour lutter contre l’errance animale

Lundi 15 juillet 2019 - Grève de la faim contre la maltaitance animale (Photo ml/wwww.ipreunion.com)

L’association de défense des animaux Milit’ Activ’ 974 passe à la vitesse supérieure. Son président, Francis Kubezyk, est en grève de la faim illimitée depuis samedi 13 juillet 2019. Il est rejoint et soutenu par plusieurs membres de Milit’ Activ’ et d’autres associations, en métropole comme dans les Outremer. Installée devant la préfecture, l’association compte bien faire entendre sa voix et demande à la préfecture une rencontre afin de déposer une mention listant des actions concrètes pour lutter contre l’errance animale. Parmi les grandes revendications de Milit’ Activ’ 974, une stérilisation massive des chats et des chiens de La Réunion, errants ou non.

C'est une grève de la faim "pour une durée indéterminée", nous explique Francis Kubezyk, le président de Milit Activ' 974. En grève de la faim depuis deux jours, il est rejoint ponctuellement par plusieurs militants qui ont suivi cette grève de la faim durant le week-end. "Nous allons aussi entrer en contact avec des associations de métropole et dans les autres DOM", explique Francis Kubezyk.

Devant la préfecture : un campement avec tente et banderoles sur lesquelles on peut lire : "stériliser c'est entraver l'errance animale", "exécutions = non", "arrêtez de fermer les yeux, 8.000 chiens euthanasiés chaque année à cause de l'incompétence de nos élus". Le président de l'association est venu avec ses 9 chiens, "en partie à moi ou en famille d'accueil" afin de pouvoir garder un oeil sur eux. "Ça illustre bien aussi notre propos, même si ces chiens-là ne sont plus malheureux."

Espérant faire pression en campant devant la préfecture de Saint-Denis, Milit' Activ' 974 réclame une rencontre avec Jacques Billant, "pour déposer une mention avec l’ensemble de nos revendications". L’idée étant "d’obtenir des actions concrètes pour lutter contre l'errance animale" rappelle Francis Kubezyk.

L'association multiplie les actions, mais cette fois-ci passe à la vitesse supérieure, pour dénoncer le nombre d'euthanasies. "Aujourd’hui on tue de plus en plus d’animaux" se désole le président de l'association. "Ce sont 200 chiens qu’on euthanasie toutes les semaines". Un budget de 450.000 euros devrait être dédié au renouvellement des fourrières, "mais ce n'est pas la solution", ajoute-t-il. "Cela mène à des euthanasies supplémentaires et massives, sans se soucier du bien-être de La Réunion."

Leurs revendications sont les mêmes depuis une vingtaine d'années : la stérilisation massive. "La plupart des gens ne font pas la démarche de faire stériliser leurs animaux. Il faut des actions publiques pour les sensibiliser, et également lutter contre l’élevage, qui consiste à faire reproduire ses animaux pour revendre les petits par la suite."

Pas assez de vétérinaires

Une campagne de stérilisation gratuite a déjà été lancée il y a de ça plusieurs mois mais deux problèmes se posent : la sensibilisation doit s'accroître pour pousser les citoyens à faire la démarche de se rendre en cabinet avec leur animal, et le nombre de vétérinaires disponibles est insuffisant. "Nous on réclame au moins 5 dispensaires avec des vétérinaires en fin d’études par exemple. Dans certaines régions de l'île, les délais de rendez-vous sont bien trop longs", se désole Francis Kubezyk.

Jean-Baptiste, militant actif dans l'association, a suivi cette grève de la faim pendant deux jours, mais il est contraint d'arrêter à partir de ce mardi, pour "obligations professionnelles". Il attend une vraie action de la part des pouvoirs publics. "Pour rappel, 240 députés ont signé une proposition de loi pour avancer concrètement. Ici même les animaux domestiques restent divagants. Il faut éduquer les gens : les laisser dehors c’est une chose, car on vit beaucoup à l’extérieur, mais il faut au moins les stériliser." Il attend notamment que la préfecture vienne en aide aux plus fragiles financièrement parlant, car une stérilisation coûte entre 200 et 300 euros.

300.000 chiens et chats errants

"Avant toute chose, c’est aux pouvoirs publics de trouver des solutions. Le tout est de ne pas faire culpabiliser les gens", ajoute Jean-Baptiste. "Officiellement on parle de 70.000 animaux errants, mais nous on compte 300.000 bêtes, chiens et chats mélangés". Un chiffre établi depuis longtemps et maintenu par l'association.

"Lutter contre l'errance animale, cela sauvegarde aussi la biodiversité", ajoute Jean-Baptiste. "Ça va dans le sens des citoyens, automobilistes, agriculteurs, etc… C'est dans l'intérêt de tout le monde."

Retrouvez notre reportage sur place :

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

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