Persécuté pour son homosexualité, le jeune indien a fui son pays

Viken Joshi va obtenir sa carte de séjour

photo imaz press reunion

Il est arrivé à l’île de La Réunion en août après avoir été persécuté et violé en Inde, son pays d’origine, en raison de son homosexualité. Viken Joshi a reçu une réponse positive à sa demande d’asile faite à l’Ofpra, l’office français de protection des réfugiés et des apatrides, en novembre dernier. Il va obtenir sa carte de séjour dans les prochains mois et pense à partir en métropole. Après la médiatisation de son histoire, il a été menacé à de nombreuses reprises, et notamment de viol.

"Être reconnu comme réfugié par le gouvernement français quand on connaît les raisons pour lesquelles j’ai quitté mon pays d’origine (l’Inde ndlr), c’est une très grande chose". Pour Viken Joshi, c’est "un soulagement" d’avoir obtenu une réponse positive de demande d’asile faite à l’Ofpra il y a deux mois de cela. Pour lui, "la France a fait valoir ses principes, ses valeurs, en permettant la protection de personnes de communautés sexuelles minoritaires". Viken Joshi se dit "très reconnaissant envers l’État" de lui accorder "cette chance de vivre en sécurité".

Après avoir été reconnu comme réfugié par l’Ofpra, Viken Joshi obtiendra "un récépissé avec droit de travailler" dans les prochains jours avant de se voir remettre "une carte de séjour valable 10 ans", et avec laquelle il pourra "voyager et travailler sur tous les territoires français". Selon lui, "la préfecture a été heureuse d’apprendre la nouvelle et s’est montrée très coopérative".

Son ressenti après cette nouvelle ? "Je me sens plus libre" confie-t-il, en ajoutant se sentir "extrêmement en sécurité et vraiment confiant pour les années à venir". Le jeune indien qui étudiait dans le domaine des médias à Bombay se dit à présent "en capacité d’être lui-même". Sa famille ne serait pas au courant de la nouvelle selon ses dires, il affirme "qu’elle suit l’avancée de la situation sur internet".

- Menacé de viol à La Réunion après sa médiatisation -

S’il assure que sa "vie à La Réunion se passe bien", Viken Joshi avoue avoir rencontré de nombreux problèmes à la suite de la médiatisation de son histoire sur l’île. "Trois jours après la médiatisation, j’ai reçu des appels anonymes d’hommes très agressifs et même si je n’ai pas entièrement compris ce qu’ils racontaient, ils me menaçaient" raconte-t-il. Il était "accompagné d’un ami qui lui traduisait les propos" aux moments des faits. "J’ai aussi reçu d’autres menaces par messages, sur les réseaux sociaux où des personnes m’ont menacé de viol ou d’autres sortes d’attaques" explique très calmement Viken Joshi. "D’autres personnes ont aussi frappé à ma porte tard le soir trois ou quatre fois" rajoute-t-il.

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Un mois après les faits, Viken Joshi raconte avoir "décidé de dénoncer ces faits à la police", qui lui a assuré "qu’elle ferait le nécessaire pour rendre justice". Selon lui, "cette expérience montre que l’homophobie est encore présente à La Réunion", c’est pourquoi "il est encore plus important de travailler là-dessus afin d’éradiquer l’homophobie et permettre une meilleure acceptation pour la communauté".

- "Aucune réponse des élus" -

Viken Joshi raconte avoir "adresser de nombreux mails aux élus locaux qu’ils soient maires, députés ou sénateurs" pour parler de "la situation sur l’homophobie en Inde afin de tirer de bons enseignements pour l’île", mais qu’il n’a "obtenu aucune réponse" ce qu’il trouve "honteux".

Ses objectifs futurs ? "Travailler sur ce point à La Réunion en rencontrant du monde, mais aussi reprendre ses études" exprime le jeune réfugié. Une idée de l’endroit ? "Je regarde actuellement des formations en métropole, qui sont dispensées en anglais et en français, et non pas uniquement en français. J’apprends, mais je ne suis pas encore assez bon" dit-il avec le sourire. Un départ de La Réunion "ne se fera pas avant septembre 2018" assure le principal intéressé.

hf/

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